• GUIDE DENDROLOGIE

03 – PIN D’ALEP

Alep : nom mal choisi ; en Syrie, c’est le Pin brutia, très voisin, qui existe.

PORT : 15-20 m, souvent penché et peu droit ; cime écrasée, irrégulière et claire ; branches assez étalées.

RAMEAUX : vert clair, puis gris clair, assez fins, faisant souvent une seconde pousse dans la même année (polycycliques).

BOURGEONS : non résineux ; ovoïdes, aigus, bruns, à écailles libres frangées de blanc.

ÉCORCE : d’abord lisse et gris argenté, puis crevassée, écailleuse, gris brunâtre.

FEUILLES : (p), aiguilles par 2, fines, aiguës souples, 6 à 10 cm, vert grisâtre, appliquées le long des pousses et surtout groupées par pinceaux à l’extrémité des rameaux, persistent 2 à 3 ans.

FLEURS : (m), inflorescences mâles en chatons jaunes teintés de rouge, oblongs, peu serrés ; inflorescences femelles pédonculées rose violacé.

FRUITS : cônes gros, 6 à 12 cm, à pédoncules épais de 1 à 2 cm, souvent isolés et réfléchis, brun clair luisant, écussons aplatis ; cônes secs demeurent plusieurs années avant de tomber. Graines gris-noir moyennes. 55 000/kg.

BOIS : qualité moyenne, mais nœuds fréquents ; assez riche en canaux résinifères ; peut être gemmé, résine appréciée, mais pas assez abondante pour que le gemmage soit encore pratique en France.

ÉCOLOGIE, RÉPARTITION

Espèce typiquement méditerranéenne.

— très bonne résistance à la sécheresse ; peut subsister avec 250 à 300 mm de pluie (Hauts plateaux d’Algérie) ; en France 550 à 650 mm.

  • GUIDE DENDROLOGIE

02 – TULIPIER

Les parents

Platanus orientalis L. : 25-30 m. Rhytidome à écailles petites. Feuilles à 5-7 lobes très découpés, à sinus très profonds pénétrant aux 2/3 du limbe. Fruits en boules hérissées, par 3-5 sur le même pédoncule.
Balkans, Asie occidentale, Iran, soit en montagne sous climats tempérés, en sols frais et riches, soit en plaine au bord des rivières. Un îlot en Sicile. Croissance vigoureuse. Introduit en France, dans le Midi, dès le XVIᵉ siècle.

Platanus occidentalis L. : Reste assez petit en Europe. Écailles petites sur le tronc ; larges sur les branches. Feuilles à 3 lobes peu découpés, larges ; sinus peu marqués. Fruits solitaires presque lisses.
Est de l’Amérique du Nord, des Grands Lacs au Golfe du Mexique ; surtout le long des cours d’eau.

ÉCOLOGIE, UTILISATION

Platanus hybrida trouve son optimum sous climats tempérés doux, y compris méditerranéens, et sur sols riches et meubles, frais sans hydromorphie ; il peut alors être cultivé pour production de bois ; mais ces conditions conviennent aussi aux Peupliers.
Exigence en lumière ; ne supporte pas les peuplements serrés.

Mais sa souplesse écologique, sa facilité de reprise à la plantation, sa résistance à la taille et à la pollution des villes, le font utiliser en alignement dans des conditions très variées. Souffre des gelées tardives, mais résiste aux froids d’hiver, même dans le Nord-Est ; à limiter toutefois aux plaines et collines.

Fructifie régulièrement ; se reproduit par semis, mais habituellement multiplié par boutures ou marcottes. Rejette bien de souches.

Bois de qualité : déroulage, menuiserie, meubles communs, bimbeloterie ; malheureusement souvent taré sur plaies de taille.

ESPÈCE DE FAMILLE VOISINE : Liquidambar ou Copalme (Liquidambar styraciflua L.)

Hamamélidacées : arbre de 20-25 m. Tronc très droit ; port pyramidal quand jeune. Écorce des jeunes tiges et rameaux à crêtes liégeuses. Feuilles (c) alternes à 5-7 lobes aigus. Fleurs (m). Fruits globuleux, hérissés, pendant au long pédoncule.

Amérique du Nord Côte Est. Bois apprécié (« noyer satiné »), placages. Très utilisé en ornement ; très belles teintes rouge violacé à l’automne. Résiste bien au froid ; apprécie les sols profonds ; peut souffrir de la sécheresse.

CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES

30-35 m (50 m en Amérique). Tronc droit, cime régulière. Rameaux glabres, rougeâtres. Bourgeons volumineux, obtus, aplatis, protégés par les stipules de la feuille précédente. Écorce grise, lisse, puis fissurée sous moyennes verticales. Feuilles (c), alternes, à 4 lobes, les 2 médians comme tronqués au sommet et à peine séparés ; lisses, vert brillant un peu glauque. Fleurs (h), sépales et pétales en nombre indéterminé ; ressemblant un peu à des tulipes, mais vert jaunâtre et

  • GUIDE DENDROLOGIE

01 – ERABLE

probablement hybride : P. orientalis × P. occidentalis.
acerifolia : feuilles ressemblant à celles d’Érable (E. plane).

PORT : grand arbre ; peut atteindre 40 m ; tronc droit, prolongé dans la cime très ample et majestueuse à grosses branches bien réparties quand n’est pas soumis à la taille.

RAMEAUX : alternes (opposés chez les Érables), tortueux, glabres, vert jaunâtre.

BOURGEONS : coniques ; à 2 écailles, très englobés par la base des pétioles, semblent encapuchonnés.

ÉCORCE : d’abord lisse, gris jaunâtre ; puis rhytidome à larges plaques irrégulières, brun clair ; exfoliant facilement en découvrant le liège très lisse gris verdâtre (plaques plus larges et exfoliation plus facile que chez les « parents »).

FEUILLES : (c), alternes, grandes (15-20 cm), palmatilobées, à 5 lobes pointus, le plus souvent 2 plus petits, sinus moyens (moins profonds que chez P. orientalis et plus que chez P. occidentalis, mais intermédiaires existent).

FLEURS : (m), mâles et femelles en chatons globuleux, groupant de très nombreuses petites fleurs à structure simplifiée ; sexes sur des pédoncules différents ; 1-4 chatons par pédoncule à l’extrémité des rameaux.

FRUITS : boules groupant de très nombreux akènes allongés, surmontés du style parfois persistant en sérés dans une aigrette de poils raidis roussâtres. 1-4 fruits le long d’un pédoncule pendant. Donc hybride fertile.

BOIS : brun rougeâtre, homogène ; rayons ligneux bien visibles donnant de larges mailles brunes plus régulières et plus nettes que chez le Hêtre ; lourd, assez dur.

Certains auteurs (Dodo) ont distingué 2 espèces dans les « Platanes cultivés » : P. densicoma et P. acerifolia, ne faisant pas alors de ce dernier un hybride et le situant très près de P. orientalis. En fait, les conceptions récentes vont dans le sens du groupement sous le seul nom de P. × hybrida, et semblent confirmer sa nature d’hybride : caractères intermédiaires des feuilles, de la ramification, du comportement ; disjonction à la 2e génération ; des observations sur hybrides artificiels sont en cours.

LinkedIn